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Questions d'experts

Quels sont les seuils de qualité retenus pour la gestion de la qualité des eaux de baignades ?

La gestion active des eaux récréatives s'exerce à partir de « valeurs seuils » pour les indicateurs Escherichia coli (EC) et les Entérocoques Intestinaux (EI), définies en 2007 par l'AFSSET aujourd'hui représentée par l'ANSES*. Ces valeurs seuils ont été fixées en fonction des risques encourus pour l'effet « gastroentérite » au regard des résultats sur un échantillon unique.

Les valeurs seuils « échantillon unique » définies par l'AFSSET sont :
  • 660 EI/100 mL et 1800 EC/100 mL pour les eaux douces
  • 370 EI/100 mL et1000 EC/100 mL pour les eaux de mer.

Au-delà de ces valeurs, l'échantillon est considéré comme révélateur d'une « pollution à court terme ».
Au 1er juillet 2010 l'Afssa et l'Afsset ont fusionné pour créer l'Anses, agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.
Selon la directive européenne 2006/7/CE : contamination microbiologique qui a des causes clairement identifiables, qui ne devrait pas affecter la qualité des eaux de baignade pendant plus de 72 heures environ.

Quelle technique utilisez-vous pour vos analyses bactériologiques rapides ?

La nouvelle directive européenne (2006/7/CE)* exige que les communes anticipent les risques de pollution, et prennent aussitôt les mesures de prévention et d'information nécessaires. Cette exigence d'anticipation et de réactivité ne peut se concevoir avec des méthodes classiques d'analyses, dont les résultats ne sont connus qu'après 36 heures (méthode de référence : microplaques).

OMER® pour les eaux littorales et OSER® pour les eaux lacustres, utilisent trois méthodes d'analyses rapides. L'utilisation de l'une ou l'autre de ces méthodes dépend du choix initial qui aura été effectué par la collectivité, en fonction de ses priorités (délai, fiabilité, certification...).

Saur dispose en France d'une douzaine de laboratoire d'analyse rapide capables de garantir les délais de réponses annoncés ainsi que la fiabilité et la répétabilité des mesures.
  1. PCR - QUANTITATIVE EN TEMPS REEL POUR UN RESULTAT FINAL EN 3 HEURES

    Cet outil est basé sur la détection par biologie moléculaire : la PCR quantitative en temps réel (RT qPCR : Real Time quanti Polymerase Chain Reaction).

    Cet outil dénombre, de façon spécifique, et en 3 heures maximum, des unités génomiques d'une séquence d'ADN caractéristique des bactéries recherchées.

    La méthode PCR indique une quantification d'unités génomiques, qui doit être corrigée à partir de corrélations pour être comparée aux seuils réglementaires établis à partir de la méthode de référence des microplaques. Saur, grâce à 3 années successives d’essais de validation et de comparaison des méthodes PCR et microplaques, en eaux réelles, entre 2009 et 2011, a établi ses propres seuils. Ces seuils ont été définis en collaboration scientifique avec le fournisseur de l’appareil ; expert en biologie moléculaire et ayant auparavant contribué à l’élaboration de la méthode normalisée de recherche des légionelles par PCR (NF T90 471).

  2. IMPEDANCEMETRIE (XplOrer64®) POUR UN RESULTAT ANNONCANT L'ABSENCE DE RISQUE DE POLLUTION DANS UN DELAI DE 6 HEURES (pour EC) ET 9 HEURES (pour EI)

    Cette technique utilise le suivi d'une grandeur électrique* par la technique d'impédancemétrie (XplOrer64®).

    Cette technique est certifiée « AFNOR Validation » en eaux de baignade depuis novembre 2009, en tant que méthode alternative à la méthode de référence des microplaques.

    Les délais d'obtention des résultats varient en fonction de la quantité de bactéries présentes dans l'échantillon.
    • Le dépassement des seuils fixés par l'AFSSET (et donc l'alerte pollution) est constaté au bout d'environ 6 heures pour les Escherichia coli et après 9 heures pour les entérocoques intestinaux.
    • L'absence d'Escherichia coli et d'entérocoques intestinaux peut être annoncée respectivement au bout de 9 heures et 13 heures 30.

    La mesure par l'impédancemétrie annonce une quantification d'équivalents de nombre de bactéries, également corrélé à la méthode de référence.

    Comme pour la PCR, cette méthode a fait l’objet d’essais de validation et comparaison à la méthode des microplaques, de 2009 à 2011.

    L'expression des résultats rendus par ces outils diffère et ne correspond pas à des quantifications de bactéries, mais à des grandeurs équivalentes alors que la méthode traditionnelle des microplaques (dite «  méthode de référence  ») est basée sur une approche statistique quantifiée par le NPP (nombre le plus probable) et correspond à une méthode semi-quantitative.

  3. METHODE COLILERT / ENTEROLERT UNE METHODE CERTIFIEE PAR L'AFNOR POUR UN RESULTAT EN 24 HEURES

    Colilert® (détection des coliformes totaux et des E.coli) et Entérolert® (détection des entérocoques intestinaux) correspondent à des tests qualitatifs (Présence / Absence) et quantitatifs (Quanti - Tray) basés sur une méthode enzymatique chromogénique et une lecture sous UV.

    Colilert® et Entérolert® permettent d'obtenir des résultats d'analyses dans un délai de 18 heures pour Escherichia coli et 24 heures pour les entérocoques intestinaux (au lieu des 36 heures minimum pour la méthode de référence des microplaques).

    Ces tests sont utilisables aussi bien pour le contrôle des eaux destinées à la consommation humaine que pour les eaux brutes (rivières, baignade…) et même usées.

    La méthode IDEXX Colilert® -18/Quanti-Tray® a reçu en 2009 le droit d'usage de la Marque AFNOR Validation pour le dénombrement des E. coli et des coliformes dans l'eau de consommation humaine. Certaines ARS la recommande même en auto contrôle d'eau de consommation.

    Saur a été l'une des premières sociétés d'eau à utiliser ces tests en auto contrôles des eaux de consommation humaine et a participé début 2012 à l'extension de la certification AFNOR Validation de Colilert® -18/Quanti-Tray® 3. pour la phase d'étude collaborative, mais cette fois-ci pour les eaux de baignade. Colilert® -18 est donc certifié Afnor Validation depuis 2012 pour les eaux de baignade.

    Cette méthode est donc reconnue comme méthode alternative à la méthode officielle des microplaques.

Saison 2012 - Chiffres clés
  • 3612 échantillons traités
  • 7224 analyses rapide effectuées
La grandeur électrique dans le milieu de culture (l’impédance = inverse de la conductance) varie sous l’effet de la présence de bactéries qui modifient la charge du milieu de culture.

Quelles sont les pollutions spécifiques des eaux douces ?

La "puce du canard"
Dans les plans d'eau, on retrouve parfois des parasites portés par les oiseaux d'eau (notamment les canards) et qui se développent lorsque la température de l'eau est assez élevée (à partir de 25°C). Ces microorganismes provoquent des dermatites pouvant provoquer des démangeaisons importantes mais qui sont généralement bénignes.

Les algues microscopiques et les cyanobactéries
Dans les eaux de mer et surtout dans les eaux douces, les conditions de stagnation, d'ensoleillement, de vent et de température, mais aussi la composition de l'eau et les apports de nutriments (azote et phosphore) via les bassins versants , peuvent favoriser la prolifération d'algues microscopiques (phytoplancton ou algues planctoniques) qui sont responsables de phénomènes "d'eaux colorées", bleues-vertes, vertes, rouges ou brunes.

Parmi ces algues, certaines, dont les cyanobactéries, peuvent générer des toxines qui, si elles sont ingérées, peuvent provoquer selon leur concentration et leur nature, des troubles de santé de gravité variable. Les cyanobactéries sont communément nommées «  algues bleues  ».

Que signifie «  qualité des eaux suffisante  » ?

Selon la directive européenne 2006/7/CE , pour qu'une eau de baignade soit classée dans une catégorie de qualité donnée, il faut que les indicateurs mesurés soient inférieurs aux valeurs seuils de la catégorie considérée. Le classement s'effectue en prenant en compte l'ensemble des prélèvements effectués sur le site au cours des 4 années précédentes.

Eaux Douces Excellente qualité Bonne qualité Qualité suffisante
IE en UFC/100 mL 200 400 300
EC en UFC/100 mL 500 1000 900

Eaux de Mer Excellente qualité Bonne qualité Qualité suffisante
IE en UFC/100 mL 100 200 185
EC en UFC/100 mL 250 500 500

Quand parle-t-on de non-conformité d'une eau de baignade ?

Les eaux de qualité excellente, bonne et suffisante sont conformes à la directive européenne 2006/7/CE.
Les eaux de qualité insuffisante peuvent rester temporairement conformes à la directive si des mesures de gestion sont prises telles que :
  • L'identification des causes de cette mauvaise qualité
  • Des mesures pour réduire la pollution
  • L'interdiction ou l'avis déconseillant la baignade lorsque cela est nécessaire.

Si la qualité des eaux est de qualité insuffisante pendant 5 années consécutive, une interdiction ou un avis déconseillant la baignade de manière permanente doit être prononcé ; ces eaux sont alors classées non conformes.

La directive fixe comme objectif à la fin de l'année 2015 d'atteindre pour toutes les eaux une qualité « au moins suffisante ».